Sawt El Atlas
Sawt el Atlas (traduire : le son / la voix
de l'Atlas ), est né au début des années 90 à l'initiative des trois
frères Mirghani et El Habchi âgés alors d'une douzaine d'années. Au
fil du temps, comme beaucoup de combos d'adolescents, ces derniers
ont mis en mots et musique leur identité avec, en ce qui les
concerne, leur perception de fils d'enfants d'immigrés marocains
ayant grandi dans une ZUP de Blois. Se nourrissant aux sources du
funk, du reggae, de la variété marocaine, le groupe peu à peu, se
démarquant du raï ou rap de saison, a trouvé ton et style. Rodés au
live, ils assument nombres de scènes renommées (Transmusicales de
Rennes, Francofolies de la Rochelle, Printemps de Bourges, Festival
d'Arezzo, Festival de Tilburg, Festival de Roskilde), des tournées
en Hollande, en Allemagne et des premières parties d'artistes
majeurs (Massilia Sound System, Khaled, Cheb Mami, Keziah Jones,
Tonton David).
En 1996, ils publient leur premier LP «Généraliser» : en quelques
hymnes vif - argent, Sawt el Atlas se fait l'écho d'une génération
qui en a assez de devoir se justifier et entend rompre avec les
clichés sociaux dont on l'affuble, auxquels parfois elle
s'identifie.
Sawt El Atlas Suite ...
Sawt el Atlas (traduire : le son / la voix
de l'Atlas ), est né au début des années 90 à l'initiative des trois
frères Mirghani et El Habchi âgés alors d'une douzaine d'années. Au
fil du temps, comme beaucoup de combos d'adolescents, ces derniers
ont mis en mots et musique leur identité avec, en ce qui les
concerne, leur perception de fils d'enfants d'immigrés marocains
ayant grandi dans une ZUP de Blois. Se nourrissant aux sources du
funk, du reggae, de la variété marocaine, le groupe peu à peu, se
démarquant du raï ou rap de saison, a trouvé ton et style. Rodés au
live, ils assument nombres de scènes renommées (Transmusicales de
Rennes, Francofolies de la Rochelle, Printemps de Bourges, Festival
d'Arezzo, Festival de Tilburg, Festival de Roskilde), des tournées
en Hollande, en Allemagne et des premières parties d'artistes
majeurs (Massilia Sound System, Khaled, Cheb Mami, Keziah Jones, Tonton David).
En 1996, ils publient leur premier LP «Généraliser» : en quelques
hymnes vif - argent, Sawt el Atlas se fait l'écho d'une génération
qui en a assez de devoir se justifier et entend rompre avec les
clichés sociaux dont on l'affuble, auxquels parfois elle
s'identifie.
Le style des Sawt s'affine : une musique inspirée par la culture
traditionnelle orientale, le reggae et le funk, boostée par un «groove»
tonique et sur laquelle se posent les voix chaleureuses de Kamel et
Mounir. Depuis, leur métissage musical enraciné sur les bords de la
Loire s'est étoffé et début 1999 ils signent sur le label Small.
Quelques mois plus tard voici «Donia» (traduire : «Le Monde» et
également prénom féminin), leur nouvel album, reflet de ce processus
plein d'enthousiasme, d'humilité, d'audace aussi.
Comme un clin d'oeil au continent originel, l'album, a en effet été
enregistré pour l'essentiel au Caire. Une cité que le groupe, a
posteriori, a découverte comme étant le carrefour des musiques
arabes modernes et le point nodal d'une industrie discographique
qui, de Warda à la Jeel-music, acclimate toutes les influences
planétaires. Y voir un symbole ? En vérité, ce fut le désir d'avoir
un son oriental, celui des fameux violons à l'unisson, qui justifia
le déplacement. Suite à quoi, dans un studio proche des Pyramides,
flûte kawala, oud, quanoun, percussions et cordes du cru, trouvèrent
un terrain d'entente avec les propositions de Kamel, Mounir, «Krimau»
et de leurs complices. Avant l'Egypte, l'ensemble des «bases» de cet
album avaient été concoctées durant quatre mois dans le studio
parisien de Sodi, deux-exmachina des enregistrements ( et
réalisateur / mixeur pour les Négresses Vertes, Femi Kuti, IAM).
Elaguer dans une riche matière première, accompagner une énergie
collective, bénéficier sans ostentation d'un casting instrumental
copieux :
La sophistication des alliages sonores traduit bien toutes ces
alchimies. «Donia» se jouant des genres (raï, reggae, flamenco,
latino...) pour proposer une pop inédite au diapason des oreilles
d'une génération, grandie avec MTV et M6, qui fait nourriture de
tous rythmes de la planète
On pourra le vérifier particulièrement avec «Ne me jugez pas» OVNI
oriental FM imparable ou «Ness» (les gens) griffé «jungle» dans
lequel on retrouve une Natacha Atlas, amie du groupe, selon une
tessiture qui lui est inhabituelle ; «Andalucia» (morceau qui en
réfère aux huit siècles de la fameuse civilisation arabo-andalouse)
qui comporte des superbes performances du guitariste Manuel Soto et
du chanteur Chico Ocaña du groupe flamenco-rock «Martires del
Compas» «Zmane y Dore» (la roue tourne) qu'habite le 6/8 du chaabi
traditionnel; «Datna» (il ne faut pas oublier la mort) pièce dans
laquelle ces fans de «Steel Pulse» se font plaisir en retrouvant la
«pompe» rythmique du reggae ; «Mouminine» (rappelle-toi, homme, que
la vie n'est qu'un passage) au croisement du zouk et du gnawi
marocain. Des couleurs, des harmonies, des options esthétiques qui
ont bénéficié, à chaque étape, de jolis savoir-faire amis (Patrick
Goraguer, pour les claviers et les partitions ; Kent à la
co-écriture de «Le soleil de ma vie», Daniel Jamet ex Mano Negra à
la guitare), de musiciens exceptionnels comme la section rythmique
avec Michel Alibo (Khaled, Cheb Mami, Sixun) à la basse, Roger
Biwambo (Tribal Jam) à la batterie ou le co-arrangeur égyptien
Medhet Abdel Samir...
Le mixage est signé Carmen Rizzo (Prince, Khaled, Zebda). Une
combinaison de talents qui donne en tout cas un parfum et une vraie
personnalité collective à cet album. Celui d'un groupe qui, entre
une ode à la mère et une référence à la fatalité, vit son
pluriculturalisme avec une étonnante maturité.