Malika
A 22 ans, Malika a déjà plus de vingt
concerts à son actif. Le premier, elle l'a donné l'année dernière au
consulat d'Algérie de Lille. Elle qui a commencé à chanter du raï à
14 ans a été remarquée l'année dernière par un musicien de Roubaix,
Areski Dries (voir encadré ci-contre), qui l'accompagne depuis en
concert à la derbouka (percussion orientale), avec trois autres
musiciens.
Elle a été bercée par les chansons de Cheikha Rabia, Djenia ou
Rimitti. "Cheikha, ça veut dire l'ancienne" explique Malika. "J'ai
beaucoup d'admiration pour les Cheikhettes, cette première
génération de chanteuses de raï qui, dans les années 70, ont osé
chanter l'amour, la liberté, toutes choses taboues dans la société
musulmane. Encore maintenant, la chanteuse de raï est mal vue, parce
qu'elle brave les tabous".
Malika Suite ...
"Cheba", ça n'est pas qu'une marque de
nourriture pour chat. C'est aussi le titre honorifique qui désigne
la chanteuse de raï. Malika Elhilali se transforme ainsi, le temps
d'un concert, en Cheba Malika. Pour les hommes, on dit Cheb, Cheb
Khaled ou Cheb Mami par exemple, pour citer les plus connus du grand
public.
A 22 ans, Malika a déjà plus de vingt concerts à son actif. Le
premier, elle l'a donné l'année dernière au consulat d'Algérie de
Lille. Elle qui a commencé à chanter du raï à 14 ans a été remarquée
l'année dernière par un musicien de Roubaix, Areski Dries , qui
l'accompagne depuis en concert à la derbouka (percussion orientale),
avec trois autres musiciens.
Cheba Malika envisage de sortir un album, avec non seulement des
reprises de grands classiques du raï comme Cheba Zahouania ("ça veut
dire femme de joie en arabe" précise Malika) ou Cheba Fadela, mais
aussi des textes à elle, "qui traînent au fond d'un tiroir". "J'ai
écrit une chanson sur nous, enfants d'immigrés, sur notre douleur à
voir notre pays souffrir comme ça".
Elle a été bercée par les chansons de Cheikha Rabia, Djenia ou
Rimitti. "Cheikha, ça veut dire l'ancienne" explique Malika. "J'ai
beaucoup d'admiration pour les Cheikhettes, cette première
génération de chanteuses de raï qui, dans les années 70, ont osé
chanter l'amour, la liberté, toutes choses taboues dans la société
musulmane. Encore maintenant, la chanteuse de raï est mal vue, parce
qu'elle brave les tabous".
Malika admire ces femmes " pour leur cran ". Elle se sent " moins
sous pression " (" on vit en pays libre, non ? "). Cette jeune femme
coquette, aux mains manucurées mais griffées par le chat Minouche,
se dit plus attirée par le raï classique, celui des Cheikhettes,
loin des influences du hip-hop et du rap, comme peut l'être le
groupe Freeman.
" Les paroles sont très riches dans le raï, il y a toujours des jeux
de mots, rien n'est jamais univoque ". Malika ne chante qu'en arabe,
ce " reubeu " dont elle regrette de ne pas comprendre toutes les
subtilités. " Pas eu le temps de prendre des cours d'arabe "
s'excuse-t-elle. Alors Malika chante à l'instinct, à l'oreille. Le
raï n'est après tout pas une musique savante, comme la classique
arabo-andalouse, mais une culture populaire. Qui se transmet en se
fredonnant