Amina
" Je ne suis ni une chanteuse française, ni
une chanteuse arabe. J'aime bien les collages. Aller de tribu en
tribu... Ca ressemble à ma vie. Je fais les choses comme je les sens
"...
La musique d'Amina ressemble à sa carrière, contrastée, colorée,
faite de rencontres, de voyages, de métissages...
Née à Carthage, en Tunisie, dans une famille où la musique est
omniprésente (sa grand-mère joue du luth, sa mère lui apprend le
chant arabe), Amina débarque en France à douze ans, après un détour
par l'Algérie. Et déjà, les dés sont jetés : Amina sera musicienne,
un point c'est tout. Reste à convaincre les fées... Etudes de danse
et de chant, rencontre inopinée avec Wasis Diop (sur lequel elle
avait craqué, encore jeunette, lors du festival de Tabarka où il
jouait avec le West African Cosmos), premiers concerts dans des
clubs ou des bars...
Amina Suite ...
Amina enregistre en 1986, un rap en arabe,
sur un morceau de Grand Master Flash, avant de vite devenir la
choriste attitrée de tout ce que la musique africaine compte de
célébrités. A partir de cette époque, Amina va partager sa vie entre
deux
passions : le cinéma (elle fait des débuts remarqués grâce à
Bertolucci et son Thé au Sahara), et la musique où les choses
sérieuses ne font que commencer. Après un premier album en 1989 (Yalil,
réalisé par Martin Meissonier) et un tube européen en 1991 ("Le
dernier qui a parlé", sélectionné pour l'Eurovision !), Amina s'envole, multipliant les expériences, et brassant les cultures au
gré de ses rencontres...
Second album (Wa di ye) en 1992, et tournée européenne sur la
lancée, duos avec Lenny Kravitz ou Nusrath Fateh Ali Khan (entre
autres !), apparitions au cinéma (La nuit sacrée), détours jazz
(avec Hank Jones, s'il vous plaît !)... Amina réussit dans la vie
qu'elle s'était tracée. Et la vie la rattrape à travers le regard
d'une petite fille qui lui ressemble trait pour trait. Sans renoncer
à ses passions, Amina découvre alors qu'être mère est aussi un
métier...
1999, Amina revient avec un nouveau disque, plus métissé que jamais.
Entre temps, elle a écouté Billie Holiday (sublime reprise de "My
Man") et beaucoup de drum'n bass, de trip-hop et de jungle,
travaille avec le groupe Renegade Soundwave, Mark Sanders (Tricky,
Neneh Cherry), Joseph Racaille, le chanteur Christophe (le temps
d'un étonnant duo sur "Les mots bleus") ou le grand groupe marocain
Nass El Ghiwane.
Ce troisième album, véritable pont jeté entre les cultures,
concentre toutes ces influences ! Ni complètement électronique ni
franchement arabe. A son image : celle d'une jeune chanteuse qui
compose sa carrière et sa vie comme un grand collage coloré.