l'histoire douloureuse des musulmans de france mardi sur france 5

une femme musulmane en habits traditionnels marche avec son enfant le 19 juin 2009 dans les rues de venissieux près de lyon

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les "musulmans de france" peinent à faire admettre leur double identité, mélange d'héritage culturel de leur pays d'origine et leur culture française, sans cesse renvoyés à un statut de français issus de l'immigration, selon un documentaire qui sera diffusé mardi 23 février sur france 5 (20h40 heure française, 19h40 heure marocaine).
leur histoire est relatée en trois parties "indigènes 1904-1945", "immigrés 1945-1981", "français 1981-2009", qui retracent les périodes d'indifférence ou de tension jusqu'à la période contemporaine où, comme le dit un des témoins interrogés, "pour 99% des gens, islam = 11 septembre", donc menace terroriste.
les premiers sont venus il y a plus d'un siècle travailler dans les mines, d'autres ont suivi pour aller faire la guerre pour la france, participer à la reconstruction du pays, ont fait venir leurs familles, envoyé leurs enfants à l'école de la république... et actuellement leurs descendants, globalement baptisés "musulmans de france", ne se sentent toujours pas intégrés.
dès leur venue, ils ont eu un statut à part: les soldats des colonies passaient leurs permissions dans des camps gardés par l'armée, l'hôpital musulman de bobigny était dirigé par un fonctionnaire de police et non par un médecin, les ouvriers immigrés avaient encore moins de droits que les autres, etc.
la grande mosquée de paris, construite en hommage aux musulmans morts à la guerre, était la vitrine officielle de l'islam, masquant la montée des revendications pour l'autonomie de l'algérie, menée par messali hadj, ou pour l'indépendance, réclamée par le fln.
a partir des années 50, la guerre d'algérie s'est répercutée en france, avec son cortège d'attentats, de règlements de compte entre militants des deux tendances, de surveillance policière, de répression des manifestations et ratonnades.
et l'immigration continuait, notamment en provenance du maroc et des anciennes colonies d'afrique noire nouvellement indépendantes, tandis que les enfants nés en france revendiquaient leur place dans la société.
il y eut donc "la marche des beurs" en 1983, puis la fondation de sos racisme, mais aussi la montée du front national et la tentation pour de nombreux jeunes de se replier sur la religion, certains se tournant vers l'islamisme militant, comme le jeune khaled kelkal, impliqué dans l'attentat de la station de métro saint-michel à paris.
les rappels historiques sont ponctués de témoignages comme celui du scénariste abdel raouf dafri qui raconte avoir failli devenir chaudronnier parce que le proviseur de son collège ne lui voyait pas d'autre avenir qu'un métier manuel. ou celui d'une élue socialiste de paris, à qui un militant a dit que son "nom à consonance arabe allait plomber la liste" et qu'elle faisait partie de la "gauche-tagine".
ce documentaire de trois fois 52 minutes, réalisé par karim miské et mohamed joseph, a été sélectionné au festival international des programmes audiovisuels (fipa) 2010 dans la section "situations de la création française".
afp
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Source : aufaitmaroc.com
Ajouter par : Ahmed RADAH
Publié le: 21/02/2010
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