rabat, 06/08/10- démocratiser les arts plastiques et les rendre accessibles à tous, tel est le crédo du jeune peintre said qodaid qui a choisi, il y'a plus d'une dizaine d'années, d'ouvrir les portes de son atelier r'bati à qui veut bien entrer.
a raison de quatre fois par semaine tout au long de l'année, l'atelier de 300m2 implanté au quartier yaacoub al mansour, ne cesse d'accueillir peintres confirmés et amateurs désireux d'apprivoiser les pinceaux.
"l'idée de cet atelier d'échange et de création m'est venue spontanément il est ouvert aux amateurs de la peinture. celles et ceux qui veulent mettre la main à la pate sont les bienvenus", confie l'artiste à la map.
le concept a effectivement donné ses fruits et l'on compte aujourd'hui plus d'une centaine d'artistes à avoir fourbi leurs premières armes chez qodaïd. pour s'en persuader, il suffit de se rendre à la villa des arts de rabat qui abrite du 5 au 15 août courant, une exposition des travaux des membres de l'atelier.
+un laboratoire à talents+
si l'idée de créer l'atelier revient à qodaid, il n'en reste pas moins que c'est un atelier collectif où tous les participants tiennent à partager leur expérience et le fruit de leur travail. l'exposition est alors née de la rencontre de ces personnages de divers horizons, de leurs sensibilités et de leur bouillonnement.
"chaque personne se lance dans cette aventure pour des raisons qui lui sont propres. certaines par désir de côtoyer le beau, d'autres par envie de voyager dans un espace intemporel, d'autres encore pour des besoins thérapeutiques", écrivent les membres de l'atelier dans une présentation de l'exposition.
"qu'elles que soient les motivations, ce qui est certain c'est que l'expérience ne laisse personne insensible. nous apprenons à voir le monde différemment, à en percevoir et à en ressentir le sens caché, à percer les voiles de ce fait l'oeil aiguisé prend davantage conscience de son environnement et du monde ", ajoutent-ils. mais ce qui distingue l'atelier qodaid, en plus de son cachet académique et sa vocation à compléter la formation dispensée dans ce domaine par les écoles des beaux arts, c'est qu'il se veut avant tout un moyen de stimuler une sorte d'éveil esthétique et cultiver un " amour " de la peinture.
profondément convaincu que la peinture est un art qui se fait à deux, réunissant nécessairement un artiste et un public, il estime que la faiblesse de la culture picturale creuse un faussé entre les tendances des artistes et le goût du public.
"au départ j'ai remarqué que, seul derrière les murs de son atelier le peintre évolue dans son travail et fait naître des Œuvres nouvelles et différentes à chaque fois. or, cette évolution se fait souvent dans l'ombre", déplore ce lauréat de l'école des beaux arts de tétouan.
"le public ne suit pas l'actualité plastique, perçoit mal l'essor actuel de la peinture. quand bien même il y a un intérêt pour la peinture, celui-ci manque d'une culture picturale", lance l'artiste qui déplore qu'il lui arrive " d'être confronté parfois à des questions trop superficielles une chose désolante".
néanmoins, beaucoup de choses ont changé dans le paysage pictural marocain, explique le peintre pour qui il faut bien reconnaître que pendant les dix dernières années, les arts plastiques ont connu un essor important, auquel il ne manque que ce " suivi " de la part du public.
né à rabat en 1965, said qodaid a obtenu son diplôme d'art graphique en 1990. aux côtés de son atelier r'bati, il a participé à plusieurs expositions au maroc et à l'étranger.
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Source : MAP
Par : Ali Hassan Eddehbi
Ajouter par : Ahmed RADAH
Publié le: 06/08/2010
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