ama. il y en avait pourtant deux, lundi après-midi, sous les colonnes de la maison-blanche. moins d'une semaine après sa victoire, le nouvel élu a été reçu avec son épouse, michelle, par le couple qui occupe depuis huit ans la résidence présidentielle à washington. c'était la septième invitation du sénateur de l'illinois au 1600 pennsylvania avenue, mais la première à lui donner le droit de faire un tour du propriétaire.
la rapidité inhabituelle de cette rencontre entre le président sortant et son successeur - traditionnellement orchestrée en décembre - illustre leur volonté commune de projeter une stabilité institutionnelle sans faille au moment où les États-unis traversent plusieurs crises majeures. avec deux guerres en cours et une situation économique qui s'aggrave, assurer une transition sans heurts est l'une de mes priorités pour le reste de mon mandat, a souligné george w. bush, samedi, dans son allocution radiophonique hebdomadaire. barack obama, qui a désormais droit à un temps d'antenne équivalent, a salué son offre de se rassembler au service d'un objectif commun une fois le scrutin passé.
pendant que leurs maris s'enfermaient pour une conversation importante, laura bush a fait visiter les 132 pièces de la résidence officielle à la prochaine first lady, la première afro-américaine en 220 ans d'histoire politique américaine. quoique éminemment politique, la visite était qualifiée de privée, dispensant les protagonistes de s'exprimer sur le fond. leur but était de placer la fonction au-dessus de leurs rivalités idéologiques, constamment mises à nu durant vingt-deux mois de campagne. les deux hommes ne sont pas proches, a reconnu la porte-parole de la présidence, dana perino, mais je pense que cela va changer à la faveur de leur sincère coopération.
200 mesures réversibles
pourtant, le contraste ne saurait être plus grand entre le républicain du texas et le démocrate de l'illinois, élu sur la promesse d'un changement radical de style et de politique. tandis que l'administration sortante s'active pour faire entrer en vigueur avant son départ une centaine de nouveaux règlements (destinés, pour la plupart, à assouplir les contraintes pesant sur des secteurs comme l'environnement ou la santé), l'équipe de transition du prochain président passe en revue les domaines où il pourra remettre en question sans délai l'héritage de son prédécesseur.
en dehors des grandes réformes (impôts, assurance-maladie, éducation, énergie), qui devront passer par le congrès, obama disposera de deux leviers pour imprimer sa marque dès le 20 janvier : le décret présidentiel et la signature de lois auxquelles bush avait opposé son veto.
d'après le washington post, plus de 200 mesures ont été identifiées par les futurs responsables du gouvernement comme étant rapidement réversibles. il s'agit de décisions que les démocrates considèrent comme motivées par l'idéologie et non par l'intérêt du pays. ainsi, le prochain président devrait signer la loi étendant la couverture maladie pour les enfants (schip), adoptée par les deux chambres du congrès, mais rejetée par bush en 2007. obama envisagerait aussi d'autoriser le financement public de la recherche sur les cellules souches d'embryon : bush l'avait suspendu par décret en août 2001 et a usé de son veto deux fois contre des lois en ce sens.
le 44e président reviendrait aussi sur le refus de laisser la californie durcir les contraintes environnementales imposées aux constructeurs automobiles, une mesure que dix-sept États souhaitent imiter. il entérinerait une proposition définissant le dioxyde de carbone (principal responsable des gaz à effet de serre) comme un polluant.
démanteler l'héritage de bush
il reviendrait sur la décision récente de l'administration d'ouvrir 15 000 hectares à la prospection pétrolière dans le désert de l'utah. et il annulerait l'une des premières décisions de bush bannissant la distribution de fonds fédéraux aux organisations humanitaires internationales qui fournissent des conseils sur l'avortement.
alors que les deux équipes doivent trouver un terrain d'entente sur de nouvelles mesures de relance de l'économie, cette volonté de démanteler l'héritage de bush pourrait compliquer leurs relations. mais le président sortant connaît les lois de la politique, souligne sa porte-parole. d'ailleurs, il ne s'était pas privé d'en faire autant lorsqu'il avait succédé à bill clinton.
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133 lectures Source : lefigaro.fr Par : Philippe Gélie Ajouter par : Ahmed RADAH Ajouter le: 11/11/2008 |